LE LIVRE

Le Ciel, l'eau, le sable


Préface d'Audrey-Roch Houssou : Extrait :

L'œil, les paupières mis closent par l'intensité des reflets, s'engouffrait vers l'horizon, cette ligne où ciel et mer se confondaient, où les éléments se mélangeaient, l'œil ne pouvait aller plus loin et revenais à lui dans le marasme d'un corps qui quête des perspectives.

Le bateau était seul, une maison au milieu de l'océan, l'œil au milieu d'un corps au milieu de l'océan.
Quelques rythmes, quelques pulsation, quelques embrun à recueillir...Un dimanche sur une aquarelle...

Ecrire une préface, un texte à coté d'un autre, non pour expliquer ou pour éclaircir, alors que le texte seul suffit, les aquarelles seules reflètent, un texte à côté pour une voix en rencontre avec l'œuvre, (une traduction pour un autre texte), ajouté des mots pour d'autre teintes d'une rencontre.
J'ai rencontré Dominique telle une voix qui des profondeur reviens à la surface où eau air et terre sont dans une combustion, une narration, une géométrie et une proportion encore difficile à accueillir...Alors... Ecrire sur l'eau...la transparence...

...Des aquarelles qui racontent le féminin d'un homme comme un paysage qui se sent aspirer par le temps d'une mer qui approche, d'un silence lointain à tenir l'être aimé toujours au loin, toujours pour un maintenant qui s'évapore pour un demain..

L'âge dans un corps qui vieillit et se laisse pourtant baigné par les insondable temps des océans...des visages et des géométries se laissant transformer en d'étrange paysages iodé, marin, ou vents et sable, immobilité et lenteur impressionnent...

L'appelle du maître Turner, l'appelle d'une humilité, ou simplement l'expression solitaire des singularité au travers des reflets et des gestes dans les transparences sur le papiers...

Des aquarelles presque bandes dessinées et pourtant d'un romantisme, d'un jeu de mémoire, d'un jeu de textures et d'ingrédients, et de peuples nous emportant...

Souvent j'ai critiqué Dominique dans ces symboles celtiques comme des ancêtres qui peut-être ne font plus peuple dans le présents... la femme dans ces textes telle une miss d'Aloway, telle des épiphanies Joycienne, à recueillir des instant d'éternité...et les aquarelles qui font tenir les traces dans l' eau pour que les reflet reste le temps de jouir de nos perceptions, recueille quelques intensités à tenir ce qui fait «nous» sur nos peaux, nos fragile instant à la présence...


Le ciel l'eau le sable( extrait)

Aunis

...A Port des Barques, marchant sur la grève, ses yeux heurtent les galets et ses pas écrasent des milliers de coquillages amoncelés là. Regardant tantôt le sol, tantôt la mer, l'ocre jaune du sable s'ouvre sous son poids, l'eau de mer apparaît et après quelques instants, retirant son pied, l'eau disparaît mais l'eau réapparaît à chaque pas !
Se retournant, la marque de ses pas est bien présente sur le sol, visible mais sans eau ! Il s'arrête et pense à ce qu'il est en train de vivre avec une irrésistible envie de peindre ou de photographier le phénomène qu'il provoque. Mais ce n'est pas cette image là...Son moment particulier ressemble à ces pas sur ce sable gorgé d'eau.
Depuis quelques jours son esprit est empli d'une image gracieuse faite de lumières et de transparence. Chaque jour cette image s'incruste un peu plus dans son esprit, dans sa vie, frappe son imagination.
Ne sachant si cette image sera bonne où maléfique, son esprit se laisse emporter.
A chaque pas sur le sable, le souffle du vent marin apporte la présence de l'image et son réconfort. Voyageur errant dans ses pensées, cherchant dans les traces des pas ses chemins qui le rapprocheront d'elle.
Perdu dans ses histoires, le regard divague encore dans ses mondes, attendant impatient sa rencontre, cherchant dans les nuages, la chimère.
Il cherche tellement sa présence qu'il ne vois plus les chaleurs de ce qui l'entoure ni les autres images possibles autour de lui.
Penser à l'image en tout lieu et en tout moment le renvoie toujours à un état d'âme fragile, partagé entre l'envie et le désir, entre la fuite et la solitude....


Cairn

...Allongé sur les mousses au milieu des bois sous un grand arbre, gardien des souvenirs des années passées, le barde s'endort. Il parcourt à la marge, des univers fait de galaxie naissante, de quasars, de trou noir et de superamas. Il jongle avec les astéroïdes et regarde une planète en errance par la folie de ceux qui l'habitent, Il se rapproche de cette terre et voit la création de la «Rodinia1»et de la «Panthalassa1», l'accompagne dans ces mutations et ces évolutions. Il voit passer toutes les ères et époques de cette terre. Arrive enfin dans son temps et pénètre dans les mondes souterrains ; côtoie les vers et les mulots, les quartz et les granites, respire les fumeroles du noyau de la terre.
Comparant la dureté des diamants et la fluidité des bitumes.
Il se voit dormir et rêver, aux modelés karstiques1 avec ces avens, ces dolines1, ces lacs souterrains alimentés par des rivières...
Des essences maléfiques rôdent autour de lui pour pénétrer ses pensées pour faire sortir de lui ses connaissances et savoirs sur la terre et l'univers. La lutte qui s'engage est en défaveur des éthérés. Loin très haut dans le ciel à la limite des noirs, entre thermosphère et troposphère commence le combat millénaire entre l'air et la lumière. Où tous les ultraviolets luttent avec les infrarouges ; où l'eau se change en pluie ; où l'oxygène naît pour que l'homme puisse voir les composantes sensibles de la lumière visible, le spectre des couleurs et son air de vie, où il y a la naissance des monts, des eaux, de la vie.
Les êtres maléfiques aimeraient pouvoir faire rentrer le monde des hommes dans une obscurité totale et dans une froideur extrême sans air pour régner sur les angoisses, les peurs, les doutes, dominer les forces du malheur et de l'anéantissement....


Gobaith

...Elle se sentait prise dans une immense aquarelle de Turner ou l'eau et les pigments ne font plus qu'un, où l'on sent déjà la pluie venir sur soi sans avoir à bouger ou faire quoi que ce soit.
Elle humait les parfums de ce brouillard. Se demandant si ces interrogations d'hier étaient réelles ou imaginaires, en attendant, elle était présente là, dans son ensemble, libre et aérienne. Dans sa poche un peu de sable qu'elle pris dans sa paume puis doucement elle l' émiettât à la façon d'une semeuse, frotta ses deux mains entre elle, remit ses mains dans ses poches .
«...d'où peut-il bien venir ce coquillage?...»
Levant les yeux vers les nuages elle imagina les armées de Trajan6 « ...Y Ddraig Goch...7 » Flottant au-dessus d'eux, l'image l'amusa par sa dérision, « ..Étrange que le drapeau gallois flotte au-dessus des armées romaines?.. » Et bien « ..Non car c'est de la qu'il vient!... » Un léger sourire du coin des lèvres apparut fugacement aux oiseaux.
Qui est donc celui qui l'accompagne et pose et répond aux questions? Le fou aux cheveux emporté par le vent? Le petit bonhomme assis sur son banc?.«.. Non rien de tout cela... ». « ..Je suis peut être celui que tu as imaginé et rêver... je suis peut être celui qui t'offre ton possible...je suis peut être celui qui t'apportera les réponses... je suis peut être celui que tu aimeras...Je suis celui qui enrobé dans son age parvient à toi... Je suis peut être celui que tu quitteras ou que tu prendras....Je ne suis qu'un peut être..»...
« Alors dit moi..! » : demanda Sila!


Glang

...Le « Glang.. » d'une porte mue par d'invisibles souffles,
d'air ni froid.. ni chaud qui s'aventure jusqu'au plus profond des placards....
L'aboiement d'un chien dans la nuit...
La tranquillité des herbes et le friselis des feuillages,
permet aux rêveurs...des êtres créateurs, d'Elohim, et autres Anges déchus,
d'écouter les lecteurs et les parleurs de Thou et de rien
de regarder les faiseurs d'images peintes d'aquarelle ou d'huile
D'entendre les chiffons et les broderies, de boire à la fraîcheur des chaux blanches
un pineau.. un rosé.

Figé le temps pour jouir du moment présent,
Figés les rires d'enfants dans les murs ocres rouges..
Figés les pas dans les « crac » du chêne...


Gwerz II

...Une simple petite rêverie promenade sur le chemin de traie de cote, quelque part entre la pointe du Raz et L'île Madame, quelques part entre oyats et châteaux de sable. Marcher sans but, simplement regarder, vivre, ce qui entoure et donner à la pensée à penser. Etre là, la tête vide, les pas succédant aux pas sans se retourner et ne vouloir pas voir quoi que ce soit dans les pas. Marcher pour le simple fait de mettre un pas devant l'autre et avancer en compagnie d'univers salins.
Voir passer les folles avoines mais aussi les asters d'Armorique ou les tétragones maritimes et continuer son chemin sans prendre le temps de s'apercevoir de leur présence. Continuer à avancer les yeux dans son cœur le regard sur les courtes maisons de la Palud ou des Barques. Songer aux souvenirs des femmes attendant leurs maris partis en pêche.
Sentir les huîtres sans les voir dans les bassins d'eau de mer de Brehuidic. Ne plus compter les galets qui arrivent dans nos yeux tellement nombreux qu'une vie ne suffirait pas à tous les contempler mais savoir qu'ils sont là.
Ne prendre que l'image de ces éléments comme quelque chose d'important, simplement croisées les regards et continuer d'avancer.
Marcher encore le long du traie de côtes, longer la mer entr'apercevoir légèrement sur le côté, la crête blanche de la houle, le bruit sourd du ressac. Se mettre en tête tant d'histoire maritime ou côtière de Per Jakes1. Voir aussi passer doucement sans bruit dans le ciel la sterne ou le goéland marin. Entendre le vent entre capuche et oreille.
Fixer un instant le lent déplacement d'un cargo et laisser filer son imagination. Revoir les aventures de Passe Partout ou de Tintin. Reconnaître dans ses rêveries les amours d'avants mélanger sur fond de ciel gris. Manger sans efforts les fruits de la mer en compagnie d'amis aujourd'hui ailleurs, et boire à leur santé.
Longer les quais, regarder « en touriste » les chalutiers ou palangriers, sentir l'odeur forte du gas-oil et du poisson. Les lumières sur les dorades, sardines, maquereaux. Les filins d'amarrages, les lourds par battage, les fumées des machines, ...


Le ciel, l'eau, le sable

...Fermer les yeux et regarder passer le temps, redevenir un enfant et ne voir, dans ce qui m'entoure, que les mystères et les pourquoi ; poser sans cesse aux adultes des questions et n'obtenir comme seule réponse « parce que.. »
Passer par l' adolescence et continuer d'être en révolte contre les imperfections des adultes et leurs ignorances face à l'avenir.
Rester un adulte sensible et attentif face aux charmes des couleurs de l'automne et au va et vient de l'océan.
Devenir un vieillard aimant cet univers, philosophant sur la nature et ces délices comprenant maintenant la fluidité des temps.
Continuer à rencontrer à travers mes déambulations, le grand fou de Bassan, les ronds galets de la palud, Sila et ses rêves d'ailleurs, le druide allongé sous son chêne, l'ovate marchant sur la plage de la baie des Trépassés, sentir venir le ressac et son écume ainsi que la multitude des douces herbes océanes.
Rester un artiste toujours à l'affût de la moindre lumière, la moindre transparence, la moindre émotion d'où quelles viennent, continuant à penser que dansant et rêvant dans le chaos de l'univers le ciel, l'eau, le sable se compose à millions dans les espaces ignorés de l'homme.
Peindre encore et toujours les rires gigantesque des supers novas, les poudres des poussières d'étoiles, les ricanements des trous noirs.
Transmettre aux autres, le savoir des couleurs qui explosent et vivent à travers les couches entre nuit et terre.
Regarder les photons, colorier tous les espaces de milliards de couleurs qui donnent naissance aux paysages et aux variations colorées infinies des roches et terres, aux couchers de soleil, révélant les subtilités des couleurs chez certains papillons, coloriant les plantes, donnant nos saisons...


La ballade de Sila, nouvelle( extrait)

Première partie

...Derrière les grandes baies qui entourent les plages des mondes visibles, vivent les souvenirs et les rêves. Cachés dans les herbes folles ballottées par le vent respirent les envies et les désirs, je vais aller cueillir dans ces dunes un bouquet d'espoir et d'aventures nouvelles...Il est l'heure de sortir, vite, une femme prends le long du grand boulevard, arrive plus tôt, aujourd'hui, à l'arrêt du bus. Elle sent son corps transis pas le froid qui envahie la ville. Qui gèle les oiseaux et rare animaux domestique qui errent dans les rues. Elle pense au douces après midi de juin au soleil de quatre heures, Sila se déplace...vite ... moi.. je marche doucement vers les quais pour passer le temps avant de m'embarquer sur le ferry pour Cork. Le temps prend son temps et se déplace lentement. Les nuages venus du nord portent avec eux un vent froid qui couvre l'europe. Plus loin, très loin d'ailleurs, le vent de la mer d'Irlande vient de se lever. Passant par Clarence Street puis Paxton Street , un homme s'étonne du peu de monde en ce début de journée, Oystermouth road qui généralement « croule sous les voitures » et tranquille et c'est sans problèmes qu'il peut aller flâner sur Trawler road entre la marina et la mer... Le crachin qui tombe mollement, mouille à peine les rues de Swansea, mais prend avec le vent, figure d'embruns et rentre partout ou cela est possible. Nul Casquette ou ciré ne protège de cette eau sorte d'écume venant d'un bateau invisible. Neal se déplace paisiblement...moi...je continus mon périple, les yeux cherchant quelques souvenirs à rapporter de ce port de la manche


Deuxième partie

...Essayant encore une fois de reprendre le cours de ma rêverie et laissant, seul, ces deux unités parler. Je suis tour à tour, alguazil ferraillant derrière la porte de la Vega, spectateur au premier acte du Jardin de Juan Fernandez, regardant la gorge sensuelle de Maria de Castro et l'écoutant dire...
«J'ai imaginé tant de mots et tant d'images qui n'étaient que rêve pour mieux oublier ma vie. Je ne peux aujourd'hui que rendre les armes et rendre ces mots et ces images à celui à qui elles étaient destinées et à qui elles appartiennent désormais. J'imaginerais à présent d'autres vocables pour écrire notre vie... »
J'ai le net sentiment d'être à ma place ; je laisse ma rêverie, ne me concentrant plus sur le capitaine Alatrise. Il me semble que mon esprit s'éveille aux sons mélodieux des rimes et articulations de cet étrange Théâtre. J'entends Rafael de Cozar déclamer.....
« J'ai rêvé de toi si fort que tu partais, évaporer par le vent vers d'autres nuages, que l'amour qui est en moi prisonnier ne pourrais jamais s'évader pour retrouver la trace de ce vent cruel. J'ai rêvé humer chacune de ses flagrances pour te trouver, pister la moindre de ses brises pour reconnaître ton passage et tu es là, au vers de mon rivage... »